Suspendue au milieu de l'imposante falaise de la Roche-Guillaume, une jeune parapentiste attend. Soudain, dans la forêt en surplomb, des taches rouges apparaissent entre les arbres. Plusieurs cailloux dévalent la pente avec fracas. «Ils arrivent!», crie quelqu'un.
«Ils», ce sont les membres du Groupe de recherche et d'intervention en milieu périlleux (Grimp), qui se livraient hier dans les côtes du Doubs à un exercice grandeur nature. Le but: décrocher la «victime» de son inconfortable position et l'évacuer en toute sécurité.
Engoncé dans sa combinaison rouge, bardé de matériel d'escalade qui le fait un peu ressembler à un sapin de Noël, Thierry König, chef du Grimp, fixe la falaise avec attention. «Avec ce qu'il a plu, la roche est complètement lavée de la terre qui la maintient en place et du coup extrêmement friable», explique-t-il.
Comme pour lui donner raison, une nouvelle pierre se détache. Elle n'atteint pas la jeune cobaye, protégée par une niche de rocher. Du haut de la falaise, solidement encordé, un homme du Grimp se met à descendre pour rejoindre la parapentiste. Puis un second, bientôt suivi d'un troisième.
Une petite pluie fine s'est mise à tomber, rendant la roche encore plus glissante. Pour ne pas bombarder la prétendue accidentée de cailloux, les sauveteurs sont contraints de décaler leur axe de descente. Arrivés à sa hauteur, les hommes du Grimp s'emploient à désenchevêtrer la jeune femme des filins de son parapente et à lui passer le «pampers», grand baudrier triangulaire. «Là, elle se laisse faire docilement. En réalité, si elle était blessée et paniquée, ce serait un peu plus compliqué», commente Jean-Michel Mollier, commandant du Service d'incendie et de secours (SIS) des Montagnes neuchâteloises.
Finalement, la parapentiste est confiée aux bons soins des membres du Service mobile d'urgence et de réanimation (Smur) et des ambulanciers, qui la sanglent sur une civière avant de l'évacuer. Entre le moment où l'alerte a été donnée et l'évacuation de la «victime», un peu moins d'une heure et demie s'est écoulée. «En condition réelle, on aurait pu grignoter quelques minutes en coupant carrément les filins du parapente», estime Thierry König. «Mais dans l'ensemble, faut pas rêver, on ne pourrait pas aller beaucoup plus vite». /NHE.




